Qui est-elle ?

Après une discussion avec des amies sur les derniers films qu’on avait vus et ceux que nous voudrions voir plus tard, l’une d’elles m’a parlé de Still Alice. Le speech : Alice est prof de lexicologie à la fac ; après quelques soucis (oublis ponctuels et sans importance, malaise, perdue dans sa ville), elle va voir un médecin qui lui diagnostique un Alzheimer génétique précoce. Il s’agit alors de suivre l’évolution de sa maladie, les réactions de son entourage et la façon dont elle-même le vit.

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Alice Howland est jouée par Julianne Moore, son mari par Alec Baldwin, ses filles par Kirsten Stewart et Kate Bosworth. Un joli casting en somme. Et, est-ce nécessaire de le dire, ils jouent tous très bien : la meilleure est certainement Julianne Moore qui donne toute sa dimension à la terrible maladie dont elle est atteinte.

Mon avis sur ce film est cependant assez nuancé. Premièrement, j’ai regardé ce film parce que ce thème de la maladie d’Alzheimer me touche particulièrement. Je vous l’avais dit quand je vous avais parlé des Pages de notre amour, je trouve cette maladie horrible parce qu’on s’oublie soi-même, on oublie tout ce qui fait ce que nous sommes, sans aucun moyen de l’empêcher. Je crois qu’Alzheimer est la maladie de la vieillesse qui me fait le plus peur. Et ici, le fait qu’Alice en soit touché vers la cinquantaine est peut-être d’autant plus horrible, parce qu’elle a encore beaucoup de choses à vivre, notamment voir ses enfants avoir leur propre vie et profiter des enfants que sa fille aînée met au monde. Donc, ouais, je suis un peu chelou : je regarde des films dont le thème m’effraie et dont je suis sûre qu’il va m’émouvoir aux larmes.

Mais le problème que j’ai eu en regardant ce film, c’est que j’étais très mal à l’aise par rapport à la façon dont les membres de sa famille régissent à la maladie d’Alice. Certes la vie ne doit pas s’arrêter parce qu’elle est malade, mais pour eux la vie ne s’arrête tellement pas que c’en est dérangeant. Le mari est chercheur et semble attristé par la maladie de sa femme ; mais quand elle lui propose de prendre une année sabbatique ou au moins quelques vacances pour qu’ils puissent profiter de ces derniers instants où elle est encore elle-même, il ne rebondit pas sur l’occasion, se laisse guider par son ambition, au point d’en oublier sa femme, de la laisser derrière lui sans qu’on ait vraiment l’impression qu’il en ressent des remords, des doutes ou quoi que ce soit. Donc quand il est muté, il refile le problème à sa fille cadette… D’autres épisodes me font dire qu’on dirait qu’il s’en fiche, notamment avec son portable.

Quant à sa fille aînée, on apprend qu’elle est aussi porteuse du gène responsable de la maladie. Le sentiment que j’en ai eu c’est que donc elle rendait sa mère responsable. Bon en quelque sorte, elle a pas tort. Mais du coup sa colère la mène beaucoup plus que son amour, et c’est vraiment dommage quand on voit à quelle vitesse évolue son Alzheimer.

J’ai aussi été très triste qu’elle ne puisse pas se suicider. Je m’explique : quand le diagnostic est posé, Alice va visiter une maison pour les malades d’Alzheimer, mais suite à ça elle met au point une stratégie pour savoir quand et comment en finir avec son propre délabrement. Elle se met donc un questionnaire avec un rappel sur son iPhone ; quand elle ne pourra plus y répondre, elle a balisé tout un chemin pour pouvoir mettre fin à ses jours. Seulement, un soir elle perd son portable, et son mari ne fait aucun effort pour le retrouver. D’où l’impression qu’il ne fait pas grand cas de sa femme. Par hasard, elle réussit à retrouver une vidéo d’elle expliquant comment faire mais elle en est empêchée et ne se souvient même pas de ce qu’elle faisait. J’ai été triste pour elle, tous ses efforts réduits à néant.

Et finalement, je ne sais pas bien comment interpréter la fin.

Bref, j’ai en même temps aimé et pas aimé. Le film permet de sensibiliser les spectateurs à une telle maladie. Mais en même temps cette sensibilisation est nulle, puisque même la famille n’en est pas émue outre mesure. J’aurais pu vous raconter encore bien plus de choses qui m’ont touchée, parce que chaque anecdote de cette femme malade m’a fait réagir d’une façon ou d’une autre. Alors n’hésitez pas, si vous avez vu ce film, à me donner votre avis dessus ; et à me dire la façon dont vous interprétez la fin. 

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