Bénis soient Les Rois maudits de Maurice Druon

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Au moment des vacances de Noël, je m’étais dit que je profiterais de ces quelques jours de repos pour m’attaquer à un de ces monuments de la littérature française dont les différents membres de ma famille me disent toujours qu’il faut les avoir lus, surtout moi qui suis une littéraire. C’est comme ça qu’entre autres richesses de la langue de Molière j’ai choisi Les Rois maudits de Maurice Druon. De prime abord, je me suis pris une claque quand j’ai vu que ce monument en question faisait quelques 2000 pages (1791 pages pour être précise sur ma liseuse), tout en me consolant vaguement en réalisant que mon fichier regroupait les sept tomes de la série romanesque en question.

Donc oui, Les Rois maudits regroupe sept tomes écrits entre 1955 et 1960 pour les six premiers tomes et 1977 pour le dernier tome, qui racontent l’Histoire (avec un grand H) de France à travers les rois qui l’ont gouvernée entre 1307 et 1361. Le dernier tome est un peu à part, j’y reviendrai, et raconte les débuts de la Guerre de Cent Ans. Le premier roman commence avec la condamnation de Jacques de Molay, grand-maître de l’ordre des Templiers, et la malédiction qu’il lance sur le bûcher à l’encontre du roi de l’époque Philippe IV Le Bel. C’est le point de départ de Maurice Druon pour raconter comment ses trois fils se sont succédés sur le trône de France, comment la couronne de France est ensuite allée à un de leurs cousins et expliquer pourquoi ce surnom de Rois maudits. Et la petite histoire se mêle à la grande Histoire puisque l’on suit aussi les démêlés judiciaires qui opposent Robert d’Artois à sa tante pour récupérer le duché d’Artois, et l’histoire d’amour entre un banquier siennois et une fille de la noblesse française.

Et franchement, ces 2000 pages, je les ai lues plutôt facilement. Premièrement parce que le style est bon : d’accord, Maurice Druon (1918-2009) a fait partie de l’Académie française. Mais ça ne change rien, j’ai lu des Académiciens dont le style était vraiment trop horrible à lire. Mais là c’est écrit de façon dynamique, les personnages sont attachants et le lecteur n’est pas perdu dans les circonvolutions de l’histoire et des différentes familles qui gravitent autour des personnages principaux. En fait, on se rend compte qu’à l’époque tous les gens dont on parle sont plus ou moins en famille les uns avec les autres, les cours européennes sont toutes liées les unes aux autres par le sang ou des mariages, ce qui peut vite perdre. Mais comme le cercle est quand même relativement restreint, pas de crainte de se perdre.

Ensuite, comme je le disais, les personnages sont attachants. Bon pas les rois de France, que l’auteur nous présente, après Philippe le Bel, comme tous plus inconscients et inaptes à leur charge les uns après les autres, mais plutôt les personnages secondaires comme Robert d’Artois (le sixième roman s’achève sur sa mort, dont Maurice Druon dit que lui-même est triste, et que si ça ne tenait qu’à lui il s’arrêterait là) ou encore l’histoire d’amour abracadabrantesque entre Guccio Baglioni et Marie de Cressay. Dans les personnages principaux que j’ai appréciés, je citerai aussi Édouard III d’Angleterre, un jeune homme pour qui la mère et son amant vont mener une révolte, détrôner son père et ensuite usurper le pouvoir et qui ensuite va se couler dedans pour la gloire de l’Angleterre.

Et enfin, c’est quand même l’Histoire de France qui nous est racontée. Personnellement, je suis une grande férue de l’Histoire et la découvrir de cette façon est quand même plus attirante que grâce à des manuels pas vraiment glamours. Mais comme au collège et lycée, on apprend plutôt l’Histoire récente, ce pan-là je ne le connaissais pas. Je savais bien sûr, comme tout le monde, qu’il y avait des rois à ce moment-là qui avaient voulu la dissolution du Temple pour en récupérer les richesses et qu’il y avait eu la Guerre de Cent Ans entre la France et l’Angleterre. Mais où, quand, comment, pourquoi, et avec qui précisément, tout ça restait vraiment trop vague à mon goût. Et voilà que cette suite romanesque me permet d’éclairer mes lacunes dans ce domaine. Je sais bien que c’est un roman et que donc les évènements qui sont racontés sont romancés mais ne sont pas, bien au contraire, la vérité vraie qu’il faut gober toute crue. Mais c’est une façon de rentrer dans cette époque et d’en comprendre en partie les tenants et les aboutissants. Le septième et dernier tome, de cette façon, est consacrée aux débuts français catastrophiques de la Guerre de Cent Ans, dont les six tomes précédents permettent de comprendre pourquoi on en est arrivé là.

Alors personnellement, je ne pourrais que vous recommander ces livres que j’ai vraiment beaucoup appréciés lire. Il faut quand même se rendre compte qu’il vous faudra un certain temps pour les lire : personnellement j’ai quand même mis un mois et demi pour les finir, en sachant que les trois premières semaines mon rythme de lecture était plutôt sporadique mais que les trois dernières je lisais presque deux heures par jour, c’est-à-dire tout le temps que je passe dans les transports en commun parisiens. Mais en même temps, ça rentabilise ce temps, de se cultiver. Alors à vos livres ! Et si certaines (ou certains) ont déjà lu cette série, je serais assez curieuse de savoir ce que vous en avez pensé.

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